LE MAGAZINE DU FLE
 

cinq − trois =

Le Magazine du FLE

Accueil > Le Magazine du FLE > L’accueil des réfugiés dans les centres universitaires de France

PARTAGER

Types d'article : Chroniques Décryptages

L’accueil des réfugiés dans les centres universitaires de France

Le soutien de l’ADCUEFE[1]

Par Brigitte Lepez, Présidente de l’ADCUEFE,  Université de Lille

Les centres de FLE ont depuis toujours accueilli des étudiants réfugiés, émigrant de  leur pays pour des raisons politiques ou économiques notamment. Ce qui a rendu visible cette problématique, c’est l’afflux simultané et massif de ces étudiants, victimes de guerre et/ou de conditions de vie difficiles, conjugué avec la fermeture des campements de fortune concentrant un grand nombre de réfugiés en recherche d’asile en Angleterre. Le nouveau dispositif d’accueil institutionnalisé a fait que toutes les universités de la métropole ont été sollicitées pour intégrer ces étudiants au profil spécifique ; l’objectif étant de leur offrir un  dispositif d’enseignement-apprentissage de la langue-culture leur permettant une réelle autonomie dans la vie quotidienne, tout en leur assurant une formation à la culture universitaire et à leur spécialité scientifique pour une poursuite ou une reprise d’études. Alerté par plusieurs centres universitaires en difficulté devant cette arrivée soudaine d’un grand nombre d’étudiants réfugiés, le bureau Europe de l’Ouest de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) a lancé, en juin 2016,  un appel au Soutien linguistique et culturel aux étudiants réfugiés. Il s’agissait pour les centres de FLE de concevoir des dispositifs d’accueil de ces étudiants, en intégrant une dimension numérique innovante, permettant ainsi une plus large diffusion tout en assurant une formation personnalisée. Les projets sélectionnés ont reçu une aide financière allant de 5000 à 15000 euros (dont 1000 euros de l’ADCUEFE pour les centres adhérents), selon le nombre d’étudiants réfugiés accueillis et la qualité pédagogique du dispositif proposé.

Dans le cadre de cet appel au Soutien linguistique et culturel, 15 centres universitaires de FLE, adhérents de l’ADCUEFE, ont bénéficié de la subvention  de l’AUF  et des mille euros de l’ADCUEFE, pour la qualité de leur offre de formation au profit d’un grand nombre d’étudiants réfugiés.

Université de Reims Champagne-Ardenne

Par Sylvie Sohier  directrice du CIEF (Centre International d’Etudes Francophones)

 

L’université de Reims Champagne-Ardenne a participé  à l’appel à projet de l’AUF en proposant le dispositif suivant, mis en place à la rentrée de septembre 2017 pour 30 étudiants :

  • Inscription dans les formations semestrielles diplômantes du CIEF à différents niveaux allant du DUEF A1 au DUEF B2.
  • Aide et accompagnement à l’orientation et à l’insertion professionnelle par l’intervention et le suivi d’experts du SIOU-BAIP[2] de l’université.
  • Atelier Culturel avec un enseignant du CIEF expert dans le domaine de l’interculturel.
  • Aide à l’apprentissage en autonomie guidée en Centre de Ressources en Langues, avec un enseignant et grâce aux outils et ressources numériques à disposition.

A la rentrée de janvier 2017, un Parcours FLE C1  a été mis en place pour 3 étudiants ayant atteint le niveau B2 au 1er semestre. Le fil conducteur de la formation est la constitution d’un dossier thématique multimédia en lien avec le projet universitaire ou professionnel de l’étudiant à l’aide du dispositif suivant :

  • Méthodologie de la production orale et de la production écrite avec un enseignant du CIEF
  • Travail en Centre de Ressources en Langues
  • Un cours au moins à choisir dans une UFR de l’université (1ère ou 2ème année de licence)
  • Rencontres avec des professionnels (selon le projet)

Autre dispositif (Pau)

  • Recrutement par une université d’un étudiant de Master FLE en Service Civique pour tutorer/accompagner des étudiants utilisant la plateforme linguistique OLS Erasmus+

Université de Grenoble Alpes

Par Laura Abou Haidar, directrice du CUEF (Centre Universitaire d’Etudes françaises)

Le CUEF a mis en place dès la rentrée 2015 un dispositif d’accueil et de formation linguistique pour adultes réfugiés et demandeurs d’asile. Ce dispositif a bénéficié du soutien financier de la Fondations UGA[3] à travers une opération de financement participatif et d’un mécénat privé. En tout, environ 35.000€ ont été collectés. Des sessions intensives mensuelles de FLE ont été offertes à une centaine de personnes. Un DU passerelle (DU PASS-B2) a été mis en place, avec le soutien des services centraux de l’UGA et de toutes les composantes. L’AUF a financé un stage de Master 2 de didactique du FLES, qui a permis d’identifier les besoins des étudiants migrants en vue de l’élaboration d’un dispositif numérique d’accompagnement. Deux autres stagiaires de Master 2 ont été recrutés pour apporter leur soutien à l’ensemble ce dispositif ; une sitographie institutionnelle et pédagogique est en cours d’élaboration, elle sera mise à disposition du public sur le site web du CUEF de Grenoble au printemps 2017. Le CUEF est enfin engagé dans le suivi et le tutorat des formations en ligne dans le cadre du dispositif OLS[4]. La dynamique mise en place au sein de l’UGA s’est traduite par la création d’un comité migrants, constitué de représentants de l’Université et de la COMUE[5] : ce comité est en contact permanent avec le monde associatif et institutionnel, il assure une veille qui permet une réactivité essentielle pour répondre aux besoins de formation linguistique et disciplinaire des étudiants réfugiés ou demandeurs d’asile.

 

Université de Bordeaux Montaigne

Par Béatrice Boyer, directrice du DEFLE (Département d’Études de Français Langue Étrangère)

L’Université Bordeaux Montaigne, avec le soutien du Conseil Régional, de Bordeaux Métropole et de la Comue, a mis en place un dispositif d’accueil des étudiants réfugiés (150 par semestre), pour les aider à reprendre leurs études en France.
Pour répondre à leurs besoins linguistiques, culturels et relationnels, ce dispositif comporte plusieurs volets, dont :

  • Une formation en langue française, en présentiel, validée par un DU, délivrée par le DEFLE.
  • Un parrainage étudiant.
  • Un accompagnement à leur insertion sociale et universitaire.
  • Une formation de formateurs dédiée aux acteurs associatifs de terrain.
  • Des cours sur plateforme numérique et l’utilisation des licences OLS.
  • Une collaboration avec les établissements universitaires bordelais pour une étude précise des projets de reprise des études.

Point de vue de Sandrine Adolf, enseignante du DEFLE :

« Ces étudiants sont doublement fragiles, par le fait qu’ils sont étrangers et par leur histoire en tant que réfugiés. Ils ont besoin d’être accompagnés et soutenus mais de ne pas être considérés uniquement comme des réfugiés. Nous, enseignants, devons avoir conscience de leur grande fragilité sans les restreindre à cette fragilité. Car eux-mêmes sont tournés vers l’avenir et cherchent à construire de nouveaux projets. Ils ont envie de basculer dans une vie «normale». D’autre part, nous essayons toujours de maintenir un équilibre entre le cadre universitaire dont nous sommes les garants et la souplesse dont ils ont besoin quand ils doivent parfois gérer en urgence leur situation compliquée. »

[1] Association des Directeurs de Centres Universitaires d’Etudes Françaises pour Etrangers

[2] SIOU-BAIP : Service d’Information et d’Orientation Universitaire – Bureau d’Aide à l’Insertion Professionnelle

[3] Université Grenoble Alpes

[4] Online Linguistic Support

[5] COMUE : Communauté d’Universités et d’Etablissements


Thèmes : Pédagogie

PARTAGER